Si j’étais une date je serais celle de ma naissance. Je suis heureuse d’être vivante. Je suis née avec une semaine de retard. Mon papa a assisté à ma naissance, chose assez exceptionnelle pour l’époque. Même que c’est par lui que j’ai su que j’étais un beau bébé, pas fripée du tout contrairement à beaucoup de nourrissons.
Si j’étais une ville, je serais dans le sud, là où il y a du soleil. J’aimerais aussi être sur une île, petit village comme Lumio en Corse.
Si j’étais un personnage j’aimerais être Martin Luther King, quelqu’un qui oeuvre pour la paix dans la monde, contre la discrimination.
Si j’étais un son je serais celui des grelots, grelots que l’on attache au cou des moutons, des vahes, des chèvres, ces petites capricieuses qui ont si vite tendance à s’éloigner et à fureter sans se préoccuper de leurs autres congénères. Chaque grelot produit un son différent. Je trouve le son du grelot très sensuel. Une femme qui porte un bracelet ou un tour de pied avec de fin grelots, c’est quelque chose en plus pour moi dans sa féminité.
Si j’étais un parfum je serais celui des lilas. Parce que le lilas est un des premiers arbustes à fleurir au printemps. C’est plus fort que moi, dès que le lilas est en fleurs, je m’échappe de mon HLM, je connais un petit coin d’où je reviens avec des bouquets dans chaque main. J’en mets dans toutes les pièces. Je ferme les yeux, je respire à pleines narines et là, c’est le nirvana.
Si j’étais un prénom je choisirais le mien : Claudine.
Je l’aime bien mon prénom. Déjà parce qu’il sonne bien, et puis il n’est pas très courant. De plus je le porte plutôt bien puisqu’ ethimologiquement il signifie « qui claudique » et que depuis quelques temps j’ai des problèmes de chevilles qui me font boiter alors… prédestiné ?
Si j’étais un monument je serais une fontaine. J’aime tellement l’eau ! Simple petite fontaine de village ou fontaine de la grande salle, je ne bouderais pas mon plaisir. Abreuver qui a soif, le cycliste exténué après une longue ballade, être l’objet de jeu entre les enfants qui s’éclaboussent joyeusement.
Quand j’étais petite fille, on allait en vacances à Menton et dans larue il y avait une fontaine, je me souviens échapper à la vigilance de mes parents et, pieds nus, courir à la fontaine, m’y rafraîchir en m’envoyant l’eau sur tout le corps en poussant de petits cris joyeux. Plaisir d’enfance !
Si j’étais un animal, je serais un aigle, pas n’importe quoi, je vous l’accorde, l’aigle royal ! Je vivrais dans ces endroits où la nature que j’aime tant a gardé son côté sauvage. Je prendrais mon envol pour survoler, au gré de mes envies, ces grandes étendes vierges. Évidemment les petites proies ne manqueraient pas et la précision de mes « attaques » me garantirait à tout coup de pouvoir m’alimenter. Certains amoureux de la nature s’émerveilleraient de la beauté de mes vols et de mon envergure imposante. Libre, voilà ce que je serais avant tout, et c’est cela qui me fait faire ces choix.
Si j’étais une couleur, je serais l’orange. Couleur de lumière, elle évoque pour moi l’énergie, la chaleur aussi. Ce n’est pas pour rien qu’on a donné son nom à un fruit sucré et savoureux qui pousse dans les pays où règne en maître le soleil. Et puis cela évoque pour moi les couchers de soleil orangés, plus beaux les uns que les autres, que j’ai eu l’occasion et le plaisir de photographier. L’orange est composé de mes deux couleurs préférées, le jaune et le rouge, c’est la raison pour laquelle je l’aime particulièrement.

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