Le monde est fou… au bout de ma rue

Le monde est fou. Tout va trop vite,beaucoup trop vite pour moi tout au moins. Les gens ne prennent plus le temps de se parler, de se poser. Dans les rues de la ville, on se bouscule, on se toise ou on s’ignore le plus souvent, impression désagréable d’être transparente. Beaucoup parlent à leurs portales ; d’autres, perdus dans un monde dans lequel ils ne se sentent ps à leur place, parlent seuls, comme emmurés à l’intérieur d’eux-même.

Le respect des autres, de l’autre n’est plus de mise, pas plus que celui des lieux publics. Cela entraîne un climat de silence sous-jacent que ceux qui sont à fleur de peau, comme moi, ne manquent pas de ressentir.

Tout se doit d’être copie conforme au modèle type. Les jeunes ne se départissent à aucun moment de leurs portables, comme si un cordon ombilical les y reliait. Besoin de savoir, de s’assurer qu’on est pas tout seul, les correspondances sont d’une banalité affligeante, triste à pleurer. N’oublions pas le mp3, gadget indispensable à tout jeune qui se respecte. Sans portable ni mp3, point de salut, point de reconnaissance.

D’un bout à l’autre de la planète, tout n’est que guerres, famines, maladies, catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, de plus en plus importantes, réchauffement du climat oblige. Dans les pays occidentaux, on consomme de plus en plus, entraînant un gaspillage considérable alors que dans d’autres pays on manque de tout.

Oui, vraiment le monde est fou. Pourtant, en bas de chez moi, les merles se répondent d’un arbre à l’autre. Ah ! Le chant des oiseaux ! Le soleil ne va pas tarder à se cacher à l’horizon, offrant à mes yeux un ciel magnifiquement coloré. Un vieux onsieur marche doucement devant moi tenant par la main un petit garçon haut comme trois pommes, qui babille gaiement. Tiré par le vieil homme, le petit souffle tout doucement à l’oreille du vieil homme « Tu viens l’ouest, papi, on va faire un bisou au soleil avant qu’il se couche ». je souris, je me lève t les regarde s’éloigner lentement, fragiles silhouettes au bout de ma rue.

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