Je me promenais en ville, sans but, juste pour le plaisir de flâner. Arrivée place François Rude, j’entendis des voix s’élever d’un petit cortège.
Comme on le sait, le droit à l’avortement existe dans notre pays. Les femmes ont fini par l’obtenir après bien des combats. Mais il se trouve qu’il y a beaucoup de détracteurs, y compris dans le milieu médical, ce qui le menace énormément.
Touchée par ces femmes motivées pour cette course, de tous les âges, surprise par leur peu de nombre, je m’approchai et me joignis à elles sans hésitation. Même si pour moi la question ne me concernait pas, elle était d’actualité pour d’autres. On sait combien cette démarche est difficile et les temps d’attente obligent encore certaines femmes, ou jeunes filles, à aller avorter à l’étranger.
Je fis tout le défilé à leur côté, n’hésitant pas à tenir la banderole qui demandait à ce que soit préservé ce droit si chèrement acquis. Quelle ne fût pas ma surprise le lendemain, en lisant le journal, de me retrouver à la tête de la manifestation, brandissant avec conviction la banderole.
Je n’ai pas compris pourquoi si peu de femmes se sentaient concernées et je dois dire que je ne regrettai jamais d’avoir été de celles qui se battent pour une cause aussi grave, non seulement pour ces femmes de mon âge, mais aussi pour celles des générations à venir.

Laisser un commentaire