C’est comme vous voulez

C’est comme vous voulez, vous pouvez m’aimer ou me détester, ça m’est égal aujourd’hui car je me suis enfin trouvée. Après tant de questionnements et de désespoir aussi, je me sens renaître. Que de temps il m’aura fallu pour en arriver là. Que de larmes et de fous rires aussi. Je suis vivante et j’ai envie de crier ma joie. Je me suis tellement torturée, culpabilisée par rapport à la maladie de ma fille que j’en avais perdu le goût de la vie. Je passais mes journées à fuir dans le sommeil. C’est une toute petite boule de poils noire et blanche que l’on m’a donnée un jour de fêtes des mères, qui tenait à peine dans une main, qui m’a sortie de ce marasme dans lequel je marinais. Je vous vois sourire. Elle essaie de nous bluffer avec son histoire, ou encore : si tout était si simple ! Et pourtant, je vous le dis, cette follette comme je l’ai surnommée m’a littéralement tirée vers la Vie avec un grand V. Au début cela m’a dérangé, j’ai failli me débarrasser de cette petite peste qui me bousculait avec ses envies de jouer, ses bêtises innombrables. Et puis je me suis fait avoir. Petit à petit, elle m’a séduite la chatoune. Une sacrée finaude qui a su réveiller chez moi ce goût du jeu que j’avais oublié. Elle s’inquiète de mes sommeils trop longs, de mon absence, elle vient me solliciter pour la regarder jouer, charmeuse, ou pour jouer avec elle en me rapportant le joujou que je lui ai lancé. Et que vous dire du bonheur de ces moments d’intimité, quand je la pétris à pleines mains et qu’elle ronronne de plaisir. La résurrection des morts, j’y crois pas, mais celle des morts-vivant, ce que j’étais devenue, n’en riez pas, elle peut arriver. Voilà, vous me croyez ou pas, c’est ce qui est arrivé !

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