J’aimerais vivre dans une cabane, au fond des bois, loin de toute agitation, loin de ces nouvelles qui nous parviennent du monde et nous angoissent, nous laissent démunis face à la violence, à la misère.
La cabane serait en bois, petite, sobre, avec le strict minimum. Je n’y serais pas seule : toutes sortes d’animaux me côtoieraient au gré de leurs envies : chat, chien, cheval, poules, lapins. Plus sauvages : les oiseaux des bois, les biches et leurs faons qui s’approcheraient sans méfiance de mon abri. Cette vie en pleine nature, j’en aie toujours rêvé. Devant la cabane, j’aime à imaginer une vieille baignoire, celle que l’on trouve dans les près, servant d’abreuvoir aux troupeaux. L’été, je la remplirais d’eau et je me régalerais à m’y ébrouer, nue, en chantant les airs qui me passeraient par la tête,accompagnée par les chats d’oiseaux.
Je porterais des jupes longues, des cheveux longs et je marcherais nus pieds, image parfaite de la liberté. Mes journées se passeraient en promenades, en lectures, vautrée sur l’herbe en été, blottie près de la cheminée en hiver. J’aménagerais ma cabane au fil du temps pour la rendre le plus agréable possible. La nuit, je m’endormirais paisiblement, entourée de mes fidèles compagnons, écoutant le cri de la chouette.
Point de radio-réveil : Les rayons du soleil m’éveilleraient en venant se promener sur mon visage.
Dans la solitude je pourrais méditer et aussi écrire, peindre et dessiner la nature, les animaux autour de moi mais je me dis parfois que si cette vie me paraît idyllique, c’est qu’elle n’est qu’un rêve et qu’il est bon de rêver,d’aller y chercher ce que l’on ne trouve pas das la vie quotidienne.
Je sais pertinemment par exemple que le contact de mes semblables risquerait de me manquer parce que l’enrichissement de l’esprit se fait aussi par l’échange.
Et puis l’essentiel, que je vous cache à tous depuis le début, c’est que j’ai une trouille pas possible du noir. M’imaginer en pleine forêt, isolée, à épier le moindre petit froissement dans un buisson, le moindre craquement dans un arbre, autant vous dire que l’insomnie me guêterait vite et bien. Dans mon HLM, bien entourée de tant de gens, bien en sécurité, je repars dans ma petite cabane… en rêve ! Et c’est bien !

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