Surprise aujourd’hui. Notre atelier d’écriture de fait au bord du lac, en plein air. Il y a un petit air frais qui souffle. Je suis intallée sous un sapin dans lequel sautille et pépie un oiseau. Ça me fait bizarre de revenir en ces lieux que j’ai fréquenté si souvent avant mon divorce, quand on était encore une famille comme les autres. J’y ai promené notre fille dans son landau. Puis le temps a passé, notre couple s’est défait, ma fille est tombée malade.
Les arbres ont grandi. Aujourd’hui, beaucoup sont en fleurs, c’est le printemps. La pelouse est jonchée de fleurs de pissenlits et de pâquerettes. À quelques pas des grandes tours, la nature, le lacet ses canards, les cygnes aussi. Là-bas, de l’autre côté, en hauteur le village de Talant, tout près de là où j’habite maintenant.
Sur le chemin, chacun va à son rythme. Cela va de la flânerie au footing, en passant par la marche. D’autres sont assis sur les bancs, profitant de cette première journée de douceur. Autant qu’il m’en souvienne, j’ai toujours aimé regarder ce va et vient des gens autour de moi. Des canoës passent, gaillardement conduits par les jeunes. Peut être un entraînement à une future compétition ?
Derrière moi, deux amoureux devisent tendrement, assis dans l’herbe, blottis l’un contre l’autre. Que se disent ils ? Sont-ils en train de se faire des promesses ou viennent ils juste de se connaître et se racontent ils leurs vies ?
Je savoure l’instant, je ferme les yeux. Au dessus de moi, dans le sapin contre lequel je suis assise,……… Un bel homme aux cheveux blancs passent sur le chemin, seul. J’admire un instant sa silhouette svelte, sa démarche légère. Je le regarde s’éloigner, son sac à dos sur l’épaule. Bon, je sais, vous n’allez pas trouver cela très sérieux de ma part mais je n’ai pas d’homme dans ma vie et puis, je ne suis pas insensible à la gente masculine, et puis… Et puis… Et puis, c’est le printemps. Il paraîtrait que le printemps agit sur les hormones. Alors, vive le printemps et les cerisiers en fleur du Japon !

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